Marseille sous le choc
C'est peu de dire que le décès de Robert Louis-Dreyfus samedi a provoqué une onde de choc à Marseille et dans le monde du ballon rond en général. Si l'intéressé a parfois été contesté, notamment par les supporters qui lui reprochaient son manque d'implication, tous reconnaissent sa passion pour un sport et un club en faveur duquel il aura beaucoup oeuvré, sans recevoir énormément en retour... Reste à savoir ce que deviendra l'OM.

Dreyfus, ici avec Anigo, aura beaucoup investi dans l'OM. (La Provence) Fallait-il attendre la mort de Robert Louis-Dreyfus, confirmée tard samedi soir, pour se rendre compte de son attachement à l'Olympique de Marseille ? A écouter les très nombreuses réactions consécutives à l'annonce de son décès, émanant de personnalités du monde de football, de la cité phocéenne et même, moins officielles, de supporters sur les forums de nombreux sites Internet, force est de constater que si «RLD» s'en va sans le moindre titre à la clé, tous lui reconnaissent un investissement sans faille qui aura, au final, largement contribué à pérenniser le club à une époque délicate de son histoire.
Toujours prompt à verser dans le dithyrambique, Frédéric Thiriez, patron de la Ligue de Football Professionnel, a ainsi confié au micro de France Info: "C'est un véritable monument qui s'est abattu cette nuit, un monument de passion. La passion de Robert Louis-Dreyfus pour le sport en général, pour le football et pour l'OM en particulier était plus forte que les difficultés, plus forte que les ingratitudes. On avait fini par le croire plus fort que la mort. C'est un grand monsieur qui s'éteint. Il va cruellement nous manquer. La dernière décision importante qu'il a prise aura été l'arrivée de Didier Deschamps et de Jean-Claude Dassier. Je leur souhaite à tous les deux de réussir pleinement, et je pense que le plus bel hommage qui pourra être fait à Robert Louis-Dreyfus, c'est que ce tandem fonctionne et que l'OM joue de nouveau les premières places, voire la première."
Gaudin: "La ville de Marseille doit lui être reconnaissante"
Après avoir, dans un premier temps, observé un prudent mutisme, attendant de recevoir confirmation du décès, Jean-Claude Dassier, intronisé il y a deux semaines président délégué du club phocéen par Robert Louis-Dreyfus lui-même (une de ses dernières grands décisions), a à son tour commenté la disparition du grand argentier du club dimanche matin dans une interview sur le site Internet olympien: "C'était un homme qui était très intéressant car il ne versait pas dans la pensée unique. C'était un bon vivant aussi. Cela me fait de la peine de savoir qu'il y avait des désaccords entre certains supporters et lui. Je pense qu'il y a surtout eu beaucoup d'incompréhensions et que la maladie a joué un rôle. J'espère que ce matin, tout le monde oubliera les épisodes récents et malheureux pour se souvenir tout le bien et l'aide qu'il aura apportés à l'OM. Comme a eu l'occasion de le déclarer Jean-Claude Gaudin, c'est grâce à Robert Louis-Dreyfus que le Club joue les premiers rôles aujourd'hui."
Effectivement, dans la nuit de samedi à dimanche, le maire de Marseille aura été l'un des premiers à réagir officiellement au décès de Robert Louis-Dreyfus, confiant sur le site Internet de La Provence: "Personnellement, je lui rends hommage. D'abord, c'est sans doute le président de l'OM qui est resté le plus longtemps à ce poste prestigieux mais dangereux. La ville de Marseille doit lui être reconnaissante de l'engagement financier considérable qu'à titre personnel il a investi dans l'OM. Ce qui n'a pas empêché, hélas, qu'il soit poursuivi dans les tribunaux et même condamné alors que sa générosité a été extrême. J'ai beaucoup de peine, j'avais pour lui de la considération. Je pense beaucoup à sa famille et ses amis les plus proches." Effectivement, même si, pour beaucoup, et la maladie n'explique qu'en partie cela, «RLD» sera resté un président trop distant, laissant à d'autres le soin de «mettre les mains dans le cambouis» d'un club éminemment compliqué à gérer au quotidien, il n'aura pas hésité à dépenser à fonds perdus sur sa fortune personnelle, lâchant en douze ans et demi de présidence la bagatelle de 220 millions d'euros.
Thiriez: "L'OM restera toujours l'OM"
Pas toujours bien secondé (Yves Marchand, Bernard Tapie, Pierre Dubiton, Etienne Ceccaldi, entre autres, n'auront pas laissé de souvenirs impérissables de leur passage à la direction opérationnelle du club), l'ancien patron d'Adidas n'aura finalement guère été payé en retour de ses investissements, puisque pendant son long «règne» en tant qu'actionnaire majoritaire, il aura dû se contenter de miettes, à savoir deux finales perdues de la Coupe de l'UEFA (1999 et 2004), autant, également perdues, de la Coupe de France (2006 et 2007), ainsi que trois places de vice-champion de France. Insuffisant au regard des sommes dépensées et du prestigieux passé d'un club dont l'horizon se bouche brutalement avec sa disparition, même si Jean-Claude Dassier balaie tout motif d'inquiétude: "L'avenir du club est assuré. Robert Louis-Dreyfus a toujours su faire preuve d'une grande prudence dans la gestion de ses affaires. C'est quelque chose qu'il a toujours su faire parfaitement. Son décès brutal nous cause une grande peine, mais il ne remet pas en question la marche du club. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir à ce sujet."
Même son de cloche chez Frédéric Thiriez: "Connaissant bien Robert Louis-Dreyfus, je sais qu'il a pris toutes les dispositions pour garantir l'avenir du club et sa pérennité. Il ne faut pas s'inquiéter, l'OM restera toujours l'OM." Reste que, avec le décès de celui qui a porté à bout de bras le club depuis plus d'une décennie, il y a fort à parier que le serpent de mer de la revente de l'OM va refaire surface. Selon La Provence de dimanche, «RLD» avait ainsi préparé l'acquisition de la holding Eric Soccer, actionnaire majoritaire du club, par le groupe familial qu'il présidait, ce qui signifie que la «patate chaude» s'apprête à atterrir entre les mains d'un groupe qui voudra sans doute s'en débarrasser. Bref, dans les semaines qui viennent, l'OM pourrait traverser une nouvelle zone de turbulences, finalement presque le lot quotidien d'un club pas comme les autres, que quitte un homme également atypique. "Il adorait le foot et Marseille, même s'il n'a peut-être pas toujours su bien le dire. Et pourtant... Et pourtant...", résume assez bien Jean-Claude Dassier.

Dreyfus, ici avec Anigo, aura beaucoup investi dans l'OM. (La Provence)
Toujours prompt à verser dans le dithyrambique, Frédéric Thiriez, patron de la Ligue de Football Professionnel, a ainsi confié au micro de France Info: "C'est un véritable monument qui s'est abattu cette nuit, un monument de passion. La passion de Robert Louis-Dreyfus pour le sport en général, pour le football et pour l'OM en particulier était plus forte que les difficultés, plus forte que les ingratitudes. On avait fini par le croire plus fort que la mort. C'est un grand monsieur qui s'éteint. Il va cruellement nous manquer. La dernière décision importante qu'il a prise aura été l'arrivée de Didier Deschamps et de Jean-Claude Dassier. Je leur souhaite à tous les deux de réussir pleinement, et je pense que le plus bel hommage qui pourra être fait à Robert Louis-Dreyfus, c'est que ce tandem fonctionne et que l'OM joue de nouveau les premières places, voire la première."
Gaudin: "La ville de Marseille doit lui être reconnaissante"
Après avoir, dans un premier temps, observé un prudent mutisme, attendant de recevoir confirmation du décès, Jean-Claude Dassier, intronisé il y a deux semaines président délégué du club phocéen par Robert Louis-Dreyfus lui-même (une de ses dernières grands décisions), a à son tour commenté la disparition du grand argentier du club dimanche matin dans une interview sur le site Internet olympien: "C'était un homme qui était très intéressant car il ne versait pas dans la pensée unique. C'était un bon vivant aussi. Cela me fait de la peine de savoir qu'il y avait des désaccords entre certains supporters et lui. Je pense qu'il y a surtout eu beaucoup d'incompréhensions et que la maladie a joué un rôle. J'espère que ce matin, tout le monde oubliera les épisodes récents et malheureux pour se souvenir tout le bien et l'aide qu'il aura apportés à l'OM. Comme a eu l'occasion de le déclarer Jean-Claude Gaudin, c'est grâce à Robert Louis-Dreyfus que le Club joue les premiers rôles aujourd'hui."
Effectivement, dans la nuit de samedi à dimanche, le maire de Marseille aura été l'un des premiers à réagir officiellement au décès de Robert Louis-Dreyfus, confiant sur le site Internet de La Provence: "Personnellement, je lui rends hommage. D'abord, c'est sans doute le président de l'OM qui est resté le plus longtemps à ce poste prestigieux mais dangereux. La ville de Marseille doit lui être reconnaissante de l'engagement financier considérable qu'à titre personnel il a investi dans l'OM. Ce qui n'a pas empêché, hélas, qu'il soit poursuivi dans les tribunaux et même condamné alors que sa générosité a été extrême. J'ai beaucoup de peine, j'avais pour lui de la considération. Je pense beaucoup à sa famille et ses amis les plus proches." Effectivement, même si, pour beaucoup, et la maladie n'explique qu'en partie cela, «RLD» sera resté un président trop distant, laissant à d'autres le soin de «mettre les mains dans le cambouis» d'un club éminemment compliqué à gérer au quotidien, il n'aura pas hésité à dépenser à fonds perdus sur sa fortune personnelle, lâchant en douze ans et demi de présidence la bagatelle de 220 millions d'euros.
Thiriez: "L'OM restera toujours l'OM"
Pas toujours bien secondé (Yves Marchand, Bernard Tapie, Pierre Dubiton, Etienne Ceccaldi, entre autres, n'auront pas laissé de souvenirs impérissables de leur passage à la direction opérationnelle du club), l'ancien patron d'Adidas n'aura finalement guère été payé en retour de ses investissements, puisque pendant son long «règne» en tant qu'actionnaire majoritaire, il aura dû se contenter de miettes, à savoir deux finales perdues de la Coupe de l'UEFA (1999 et 2004), autant, également perdues, de la Coupe de France (2006 et 2007), ainsi que trois places de vice-champion de France. Insuffisant au regard des sommes dépensées et du prestigieux passé d'un club dont l'horizon se bouche brutalement avec sa disparition, même si Jean-Claude Dassier balaie tout motif d'inquiétude: "L'avenir du club est assuré. Robert Louis-Dreyfus a toujours su faire preuve d'une grande prudence dans la gestion de ses affaires. C'est quelque chose qu'il a toujours su faire parfaitement. Son décès brutal nous cause une grande peine, mais il ne remet pas en question la marche du club. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir à ce sujet."
Même son de cloche chez Frédéric Thiriez: "Connaissant bien Robert Louis-Dreyfus, je sais qu'il a pris toutes les dispositions pour garantir l'avenir du club et sa pérennité. Il ne faut pas s'inquiéter, l'OM restera toujours l'OM." Reste que, avec le décès de celui qui a porté à bout de bras le club depuis plus d'une décennie, il y a fort à parier que le serpent de mer de la revente de l'OM va refaire surface. Selon La Provence de dimanche, «RLD» avait ainsi préparé l'acquisition de la holding Eric Soccer, actionnaire majoritaire du club, par le groupe familial qu'il présidait, ce qui signifie que la «patate chaude» s'apprête à atterrir entre les mains d'un groupe qui voudra sans doute s'en débarrasser. Bref, dans les semaines qui viennent, l'OM pourrait traverser une nouvelle zone de turbulences, finalement presque le lot quotidien d'un club pas comme les autres, que quitte un homme également atypique. "Il adorait le foot et Marseille, même s'il n'a peut-être pas toujours su bien le dire. Et pourtant... Et pourtant...", résume assez bien Jean-Claude Dassier.
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