Real Madrid : 5 actes qui ont bouleversé le marché des transferts
08/07/2009 -

Equipes
- Real Madrid FC
On sait depuis longtemps que l’Histoire bégaie. C’est encore plus vrai lorsqu’on s’intéresse au Real Madrid. Le retour de Florentino Pérez à la tête de la Maison Blanche, après un premier mandat entre 2000 et 2006, augurait le retour d’une ère galactique qui ne s’était pas terminée de la meilleure des manières, avec la démission en 2006 de Pérez. Retour sur un retour bien ficelé en 5 actes, qui espèreront le pour lui, se terminera en juin 2010 sur un "happy end".
Premier acte, le 1er juin, Pérez prend le pouvoir
Les socios du Real Madrid décident de redonner sa chance au roi du BTP en Espagne. Son programme ressemble à s’y méprendre à celui qu’il avait en 2000, à savoir du recrutement de stars à foison. Mais cette fois-ci, avec une nuance : le candidat Pérez veut une équipe composée à la fois de stars, mais aussi de joueurs espagnols talentueux, ainsi que de joueurs formés au club. Avec un tel programme, Pérez est élu sans problème, bien aidé en cela par l’absence de la concurrence qui s’oppose à lui. Très vite, son organigramme est dévoilé, dans la journée même, à savoir Zinédine Zidane, emblématique joueur de l’ère Galactique première du nom, qui devient le conseiller spécial du président, à l’image d’un Bernard Lacombe à Lyon. Jorge Valdano devient directeur général du club, et un nouvel entraîneur, le Chilien Manuel Pellegrini est nommé en lieu et place de Juande Ramos, appelé à la rescousse en décembre 2008. Pour marquer son arrivée, Pérez déclare les joueurs hollandais indésirables, pour mieux rompre avec l’ancienne présidence. Surtout, il prépare ses premiers gros coups. Et ceux-ci vont arriver de manière cinglante
Deuxième acte, le 6 juin : Pérez sort le chéquier
Kakà devient officiellement merengue, pour la modique somme de 67,2 M€, approchant dangereusement le record détenu par Zidane. Pour accélérer les choses, l’équipe dirigeante madrilène n’a pas hésité à envoyer une équipe médicale au Brésil pour faire passer au joueur la traditionnelle visite médicale. On se dit alors que la nouvelle ère Galactique est bien entamée. En fait, elle ne fait que doucement commencer. Le 11 juin, un communiqué est publié sur le site de Manchester United. Les Reds Devils annoncent qu’ils acceptent une offre pharaonique de 94 M€ pour leur joyau, Cristiano Ronaldo. Cette fois-ci, le record de Zidane est pulvérisé, et le Ballon d’Or 2008 devient le joueur le plus cher de l’Histoire, alors que l’économie mondiale traverse une des plus graves crises de son existence. Ce qui ne semble pas entraver outre mesure l’appétit madrilène, qui recrute Raùl Albiol, grand espoir espagnol, et premier renfort défensif de l’ère Galactique II.
Troisième acte, le 26 juin : Pérez affronte la résistance
Toutes ces arrivées ne sont pas encore compensées par des départs. Et quand le premier d’entre eux survient, ce n’est pas un des indésirables néerlandais désignés par Pérez qui s’en va, mais Javier Saviola, qui s’envole à Benfica pour 5 M€. Mais toujours pas de mouvements pour les Van der Vaart, Huntelaar, Sneijder, Robben ou Drenthe, alors que ces joueurs représentent un formidable potentiel financier. Une absence de mouvement en forme d’échec pour Florentino Pérez. Surtout, cela ne libère pas de place dans l’effectif du Real, alors qu’en Liga, il n’est possible d’inscrire que 25 joueurs pour toute la saison. Pire, certaines des recrues qu’il visait ne sont pas arrivées. La faute à la résistance farouche que lui opposent les dirigeants plutôt gourmands de Valence dans le dossier David Villa, ou les dirigeants bavarois sur l’épineux cas Ribéry. Les millions ne font pas tout, et Florentino Pérez l’a peut-être oublié un peu vite.
Quatrième acte, le 1er juillet : Pérez se remet en selle.
Néanmoins, le vent semble avoir tourné pour le président du Real. Le 1er juillet, alors que la presse française annonce Karim Benzema tout proche de Manchester United, Lyon annonce avoir accepté une offre de 35 M€ (41 M€ avec bonus) pour son buteur, ce qui enterre quasi définitivement le dossier David Villa. Le 6 juillet, la présentation de Cristiano Ronaldo aux socios se déroule dans un stade Santiago Bernabeu en feu, où 80 000 spectacteurs se sont réunies pour acclamer le nouveau nº 9 du Real. Et le lendemain, le Bayern déclare que Franck Ribéry ne partira pas à moins de 80 M€. Du pain béni pour Pérez, qui sait désormais quel somme débourser pour faire venir le grand ami de Benzema. Une somme qui ne fait pas peur au président du Real, prêt à tout pour se payer ses caprices.
Cinquième acte, mai 2010 : Pérez jugé sur le plan sportif.
Cette nouvelle période galactique a d’ores et déjà battu tous les records chiffrés, aussi bien sur le plan des transferts, que sur celui des salaires ou du record d’affluence pour la présentation d’un joueur (tous trois détenus par Cristiano Ronaldo). Mais c’est bien sur le plan sportif que Florentino Pérez devra prouver à tous les observateurs que ces chiffres qui donnent le tournis sont bel et bien au service du palmarès du Real Madrid. Pour son premier mandat, le président galactique avait remporté une Ligue des Champions et deux titres de Champion d’Espagne. Désormais, il va falloir viser encore plus haut, car les supporters merengue ne supporteront pas plus longtemps la domination du Barça, triple vainqueur l’an dernier en Liga, Coupe du Roi et Ligue des Champions. Florentino Pérez a déjà l’obligation de faire mieux.