Premier League : ces grands espoirs français partis si vite à l’aventure
09/07/2009

Equipes
- Manchester United FC
- Gabriel Obertan
- Jérémie Aliadière
- Thierry Henry
- David N'Gog
La signature de Gabriel Obertan à Manchester United, à tout juste 20 ans, ouvre la porte à une interrogation somme toute légitime : n’est-ce pas trop tôt ? Car au-delà de l’aspect financier, forcément attractif en Premier League, on peut s’interroger sur la signature d’un très jeune joueur, sur lequel tout le monde s’accorde à dire qu’il est très talentueux, mais qui pour le moment n’a pas réellement confirmé son immense potentiel. Surtout, on dénombre énormément de joueurs, partis très jeunes à l’étranger, et qui passent à côté d’une brillante carrière. A contrario, rares sont ceux qui réussissent leur envol hors de leur terre natale. Rares, mais pas inexistants. Petite revue des tops et flops des attaquants français, parti très (trop ?) tôt en Premier League.
Jérémie Aliadière est le prototype même du joueur parti trop vite. En 1999, il quitte l’INF Clairefontaine à 16 ans pour rejoindre Arsène Wenger et Arsenal. Sa vitesse et sa technique font de lui un grand espoir du football français. Mais force est de constater que le natif de Rambouillet n’a pas fait honneur à son statut de buteur en Premier League. En 108 matches, le jeune attaquant n’aura inscrit que 10 petits buts... Un bilan bien maigre, que son passage en Écosse au Celtic Glasgow ne lui aura pas permis d’étoffer, puisqu’il n’a participé à aucune rencontre en championnat d’Écosse. Aujourd’hui à Middlesbrough, relégué en seconde division anglaise, Aliadière, qui n’a que 26 ans, est suivi par Birmingham. Pas vraiment un club de standing, mais il ne peut probablement pas prétendre à mieux, au même titre que Vincent Péricard, dont le parcours, incroyablement chaotique, est presque caractéristique du joueur parti trop tôt.
Formé à St Étienne, il s’exile à 18 ans à la Juventus de Turin, en 2000. Deux ans plus tard, n’ayant toujours pas participé à la moindre rencontre en Serie A, il est prêté à Portsmouth, alors en deuxième division anglaise. Un exil qui s’avère payant, puisqu’il joue presque tous les matches, et participe à la montée en Premier League. Son prêt est alors prolongé, mais il se blesse, ratant ainsi la quasi-totalité de la saison. Malgré un transfert définitif en 2004, Péricard participe à très peu de rencontres, et se retrouve finalement prêté à Sheffield, puis à Plymouth. En 2006, il tente de se relancer à Stoke City, mais n’y parvient guère, la faute à de trop nombreux ennuis avec la justice. Sa carrière semble aujourd’hui dans l’impasse.
Revenir en France, un choix qui peut s’avérer payant
Le cas David Bellion mérite que l’on s’arrête sur lui. Formé à Cannes, ce jeune attaquant de 19 ans à l’époque rejoint les rangs de Sunderland en 2001. En deux saisons avec les Black Cats, il ne joue que des bouts de matches, mais qui lui permettent de se faire repérer par Sir Alex Ferguson. Il rejoint Manchester United à 21 ans. Mais à Old Trafford aussi, il ne joue que des bouts de matches. Après un prêt à West Ham, Bellion a l’intelligence d’accepter de revenir en France, à Nice. Sur la Côte d’Azur, il retrouve un statut de titulaire et ses sensations de buteur. En 2007, il rejoint Bordeaux, et se retrouve aujourd’hui champion de France, 8 ans après avoir quitté l’Hexagone.
Un départ vers l’étranger, et donc l’Angleterre, ne signifie pas forcément une carrière sabotée, comme le prouve le cas Bellion. Mieux, la Premier League peut révéler des jeunes joueurs, capables de prétendre au titre de meilleur attaquant d’Europe. Le plus représentatif reste sans conteste Nicolas Anelka. Acheté 5 millions de francs au PSG par Arsène Wenger en 1996, le jeune buteur affole les compteurs dès sa deuxième saison à Londres. Assez pour être pressenti à la Coupe du Monde 1998, pour finalement être écarté au dernier moment. Il n’empêche, sa deuxième saison lui ouvre les portes du Real Madrid, pour 33 M€. Aujourd’hui à Chelsea, l’ancien Parisien fait partie des meilleurs attaquants de Premier League.
Et comment parler des attaquants français en Premier League sans évoquer Thierry Henry ? Après une tentative d’exil du côté de la Juventus, Titi est recruté en 1999, à 22 ans par Arsène Wenger. Un choix pour le moins surprenant à l’époque, d’autant que le joueur sortait d’une demi-saison mi-figue, mi-raisin, avec la Juventus. Mais le talent de Thierry Henry et la confiance que lui accorde Wenger permettent au joueur d’entrer dans la légende d’Arsenal. Il réussit à battre le record de buts marqués pour le club, détenu jusqu’ici par une légende des Gunners, Ian Wright. Il offre au club deux titres de champions, trois Coupes d’Angleterre, et mène les Gunners jusqu’en finale de la Ligue des Champions en 2006. Son départ vers Barcelone en 2007 laisse toujours un grand vide à Arsenal.
Un Big Four parfois trop grand
Ultime exemple, celui de Louis Saha. Formé à Metz, P’tit Louis s’exile lui aussi très tôt, à 21 ans, du côté de Newcastle, où il est prêté 6 mois. Puis en 2000, c’est Fulham, alors en seconde division anglaise, qui recrute le joueur. Il participe activement à la montée du club. En janvier 2004, il rejoint le grand Manchester United, ce qui lui permet de rejoindre le groupe France et de participer à l’Euro 2004. Mais l’effectif gargantuesque des Red Devils nuit à son temps de jeu. L’an dernier, il rejoint Everton, et malgré une sérieuse blessure, P’tit Louis participe à la fin de saison des Toffees, qui termine à la 5e place, après avoir longtemps tenu la dragée haute à Arsenal. Au regard de ces divers exemples évoqués, on a presque hâte de voir de quel côté va pencher la carrière d’Obertan.
L’ampleur de la tâche qui attend l’ancien Girondin est à la mesure du club qu’il rejoint. L’an dernier, lui aussi contre toute attente, David N’Gog rejoignait Liverpool, réussissant à participer à 14 matches cette saison, sans jamais décevoir Rafa Benitez dans son rôle de joker. A charge pour Obertan de se fondre au mieux dans le collectif des Red Devils, pour ne pas voir sa carrière lui filer entre les pieds.