Entretien avec... Hugo Leal : « Pas d’intérêt à revenir en France »
29/07/2009 -

Equipes
- UD Salamanque
- Miguel Ribeiro Hugo Leal
En France, il restera comme l’éternel espoir qui n’a jamais réussi à s’imposer au Paris Saint-Germain. Arrivé dans la capitale durant l’été 2001, Hugo Leal a connu une carrière en dent-de-scie. Ou plutôt une carrière menée comme il l’a voulu. Joyau du Benfica, l’ancien international portugais (1 sélection) a tout d’abord eu une ascension fulgurante en passant du club lisboète à l’Atlético Madrid puis au PSG avant de retomber dans l’anonymat. Retourné au Portugal, Leal a en effet opté pour des clubs nettement moins médiatisés que le FC Porto il avait trouvé refuge après son épisode parisien (Coimbra, Braga, Belenenses, Trofense) avant de s’engager récemment avec Salamanque (2e div. Espagnole). Pour Footmercato, l’ancien Parisien a retracé sa carrière jalonnée de haut et de bas et a accepté d’expliquer des choix parfois surprenants.
Footmercato : Que devenez-vous depuis tout ce temps ?
Hugo Leal : Je suis très heureux d’être revenu en Espagne. J’en avais envie. Ce qui m’a motivé dans mon transfert à Salamanque, c’est principalement parce que c’est un club espagnol. Le choix de la ville a également beaucoup compté.
FM : Ça ne vous a pas dérangé de signer dans un club de deuxième division ?
HL : Le fait est que je n’ai pas reçu d’offres d’équipes de première division espagnole comme je l’espérais. Mais je voulais revenir en Espagne. Et puis Salamanque c’est une ville où on vit bien. C’est aussi une ville qui est proche de là où habitent mes beaux-parents. Tout ça fait que j’ai donc opté pour ce club.
Des contacts en France
FM : Vous n’avez pas eu d’autres offres en provenance de l’étranger ?
HL : Si. Cet été je suis heureux parce que j’ai reçu pas mal de sollicitations. Un grand nombre venait d’équipes portugaises, mais il y en avait aussi qui provenaient de Chypre, de la Grèce, de Turquie, d’Arabie Saoudite. En France aussi j’ai eu des contacts avec une équipe de Ligue 1 et une autre de Ligue 2, mais je n’ai pas trouvé beaucoup d’intérêt à revenir en France.
FM : Petit flashback : après le PSG, vous partez à Porto pour vous relancer, mais finalement vous enchainez des clubs moins huppés. Pour un ancien grand espoir portugais comment expliquez-vous cela ?
HL : C’est très simple. Après avoir quitté le PSG, j’ai commencé à prendre des décisions plutôt d’ordre personnel qui ne tenaient pas toujours en compte l’aspect sportif de la chose. Et ce sont ces choix que je paie. Par exemple, je suis parti de Porto qui est l’équipe numéro une du Portugal (lors de la saison 2004/2005, Ndlr) pour aller à l’Académica Coimbra qui était dernier du championnat. Mais c’est vrai que c’est difficile de faire comprendre mes choix aux autres. D’ailleurs, cette année c’est encore le cas. Toutes les équipes portugaises qui me voulaient évoluent en première division et j’aurais pu signer pour l’une d’entre elles. J’avais aussi le choix avec des équipes qui disputent la Ligue des Champions ou l’Europa League, mais je suis venu jouer pour une équipe de deuxième division en Espagne. C’est compliqué de l’expliquer, mais je suis une personne qui recherche avant tout d’être heureuse. Peu importe où.
L’Atlético, le club de son coeur
FM : Parmi les ténors européens chez qui vous avez joué, dans quelle équipe vous êtes-vous senti le mieux ?
HL : Je ne renie pas mon passé de joueur de Benfica parce que c’est là-bas que j’ai été formé. Mais le club où j’ai été le plus heureux a été l’Atlético Madrid. Malheureusement, j’ai dû partir (après deux saisons, Ndlr) parce que le club ne pouvait plus me garder économiquement parlant et devait donc vendre des joueurs. Et je faisais partie des éléments les plus vendeurs. Après j’ai vu d’un bon oeil l’opportunité de rejoindre le PSG.
FM : Racontez-nous justement votre passage au Parc (de 2001 à 2004).
HL : Tout s’est bien passé lors de la première saison. Jusqu’à ce 9 mars, le jour où je me suis blessé. Je me suis fait opérer du genou et je n’ai plus eu l’opportunité de rejouer. Jusque-là tout le monde était content de moi. L’année suivante, je récupère assez rapidement, mais si j’ai protégé mon genou, j’ai eu pas mal d’autres pépins physiques. Cela a été une saison pénible remplie de désillusions. La dernière année (2003/2004), il y a eu un nouveau président (Francis Graille), un nouvel entraîneur (Vahid Halilhodzic) et l’objectif du club était de faire des économies. Et moi j’avais un salaire jugé trop élevé par rapport au nombre de matches que j’avais disputés les années précédentes, donc leur objectif était que je m’en aille. Sauf que je ne suis pas parti (durant l’été 2003, Ndlr) et là on a commencé à dire que j’étais en conflit avec le club. Ça m’a coûté cher.
Vahid le militaire
FM : À Paris, vous avez connu Luis Fernandez et Vahid Halilhodzic, avec lequel des deux gardez-vous un bon souvenir ?
HL : Sans hésiter avec Luis Fernandez. J’ai eu beaucoup de clashs avec Vahid. Il est très militaire (rires).
FM : Imaginez s’il avait eu à gérer un joueur comme Ronaldinho...
HL : Sincèrement j’aurais préféré ce qu’il lui aurait fait que ce qu’il m’est arrivé, franchement...
FM : Finalement, vous quittez Madrid et Paris en partie à cause d’une situation économique peu favorable, pensez-vous que c’est du gâchis ?
HL : J’avais envie de rester à l’Atlético Madrid, mais bon le club a été relégué en deuxième division et j’ai donc accepté de partir parce qu’économiquement la situation n’était plus possible pour le club. À Paris c’est différent. C’est le club qui voulait que je parte et moi aussi. Mais après c’est vrai que j’aurais aimé que les choses se soient mieux passées en France parce qu’à Madrid tout s’est bien déroulé pour moi. À Paris la principale raison de mon échec a été cette blessure au genou.
Un avenir en Espagne
FM : Vous avez 29 ans et vous êtes à Salamanque, mais ne rêvez-vous pas de réintégrer un club plus huppé ?
HL : Tout dépend si cette saison se passe bien. Si j’ai l’opportunité de jouer dans une équipe de première division en Espagne pourquoi pas.
FM : Où vous voyez-vous finir votre carrière ?
HL : Franchement je n’en sais rien. Je me projette vers l’avenir qu’année après année. Là je suis à Salamanque et on verra bien ce que ça va donner. C’est très difficile pour moi de le dire, bien que si je devais retourner dans un club ce serait à l’Atlético Madrid, mais comme je sais que ce n’est vraiment pas d’actualité, ça ne sert à rien de s’avancer.