De quel sang est Gudjohnsen ?

Publié le par OMDA

Longtemps plongé dans l'expectative après le transfert avorté de Steve Savidan, l'AS Monaco a fini par jeter son dévolu sur Eidur Gudjohnsen pour renforcer sa ligne d'attaque. A bientôt 31 ans, l'Islandais débarque en provenance du Barça précédé d'une belle réputation, mais certainement en mal de rythme. Comme lui, de nombreux canonniers au nom ronflant se sont essayés à la Principauté. Reste à voir dans quelle catégorie l'intéressé saura se glisser.

Eidur Gudjohnsen est-il pour Monaco un Fernando Morientes ou un Christian Vieri en puissance ? (Reuters)
Eidur Gudjohnsen est-il pour Monaco un Fernando Morientes ou un Christian Vieri en puissance ? (Reuters)

Sur le fil... C'est à deux heures de l'expiration de la période des transferts estivaux en France que l'AS Monaco a enregistré lundi soir le renfort d'Eidur Gudjohnsen, l'attaquant qui lui manquait tant. Assommé par le cas de Steve Savidan, alors que ce dernier, sur le point de parapher son contrat, n'avait pu satisfaire à la visite médicale préalable en raison d'une anomalie cardiaque, le club de la Principauté s'est longtemps heurté à la réalité d'un marché d'autant plus difficile lorsqu'il s'agit d'attaquants. Avant de trouver sa perle rare, en la personne de l'international islandais, tandis que d'autres noms prestigieux avaient un temps été prononcés, ceux de Luca Toni, Julio Cruz et Andrei Schevchenko notamment.

A en juger cette liste officieuse alléchante, c'est donc bien vers une pointure que le Rocher souhaitait s'orienter pour oublier ses déboires du mercato. Sur ce point, la mission semble accomplie, la réputation d'Eidur Gudjohnsen, ancien maillon des Blues et des Blaugrana, n'étant plus à faire et ce, même si celui-ci s'est contenté ces dernières années de jouer les jokers de luxe en Catalogne. Reste aujourd'hui à découvrir quel sera le destin monégasque de celui que l'on surnomme le "Viking". Avant lui, bien d'autres grands noms du football mondial se sont succédé sur le front de l'attaque asémiste. Avec plus ou moins de réussite.

Morientes, la dernière référence

Ne devient pas en effet George Weah, Victor Ikpeba, David Trezeguet ou Shabani Nonda, ces figures emblématiques du club révélées sous les yeux du Prince, qui veut. Ni même Fernando Morientes, Marco Simone ou Sonny Anderson, ces Monégasques d'adoption qui ont su confirmer en championnat de France malgré le poids de leur réputation sur les épaules. Prêté par le Real Madrid à l'orée de la saison 2003-04, Morientes incarne très probablement le dernier attaquant d'exception aperçu sous le maillot rouge et blanc. Finaliste de la Ligue des champions avec l'ASM, l'Espagnol deviendra cette année-là avec 9 réalisations le meilleur buteur de la compétition, ne demandant pas son reste par ailleurs en Ligue 1.

Un peu plus lointains, Simone (1999-2001) et Anderson (1994-1997) restent également à ce jour des références, grands artisans des derniers sacres nationaux de Monaco (1997 et 2000). Le premier se sera hissé au deuxième rang des buteurs de l'élite (21) et aura été sacré meilleur passeur (12) dès sa première saison sur le Rocher alors que le second se sera distingué en tant que meilleur canonnier du championnat en 1996 (21), deux ans après avoir explosé à Marseille. Or, exception faite des attaquants suscités, peu de leurs prédécesseurs et autres successeurs peuvent se targuer d'avoir autant marqué les esprits sous les couleurs princières...

A Monaco, l'expérience ne paie pas

... Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir attiré en France des buteurs de renom. Arrivé en provenance de l'Inter Milan à l'été 1992, Jürgen Klinsmann est de ceux-là. Recruté pour pallier le départ de Weah vers Paris, alors que l'ASM sort d'une saison marquée par une défaite en finale de la Coupe des Coupes face au Werder Brême, l'attaquant de la Mannschaft réalisera une première année pleine de promesses, se révèlera efficace (39 buts en 65 matches) mais affichera une nette perte de vitesse la saison suivante. Bien plus tard dans le même registre, Javier Saviola, prêté par le Barça en 2004-05 et auteur de 17 réalisations en 42 sorties, et Ernesto Javier Chevanton, diminué par une blessure tenace entre 2004 et 2006 et crédité pour sa part de 26 buts en 67 rencontres, feront montre de réelles qualités mais avec trop d'inconstance pour prétendre au sommet du Rocher.

Rien d'alarmant ou de déshonorant toutefois en comparaison des Marco Di Vaio et Mohamed Kallon, présents en Principauté sur la même période (2005-janvier 2007 et 2004-2007 dont un an de prêt à Al-Ittihad respectivement). Certes talentueux - la réussite actuelle de l'Italien à Bologne en atteste - les deux hommes comptent très certainement parmi les plus grosses déceptions monégasques de ces dernières années. Avec en prime un arrière-goût de gâchis pour le Sierra-Léonais, doté d'une technique sans commune mesure mais manifestement ingérable - ses 12 clubs en 12 ans témoignant de son instabilité chronique.

En termes de flop sur le marché des transferts, la palme revient néanmoins, et de loin, aux anciens qu'étaient déjà Oliver Bierhoff (2001-2002), Christian Vieri (2005-2006) et Jan Koller (2006-2008) à leur arrivée à l'ASM. Tous âgés de 32 ans au moins à l'heure de leur première et unique expérience en France, ces trois joueurs ont inexorablement sombré dans la médiocrité, certes souvent desservis par une petite santé. Au final, Bierhoff plafonnera à 5 buts en 18 matches, Vieri s'en tirera avec 5 réalisations en 11 apparitions et Koller trouvera la faille à 12 reprises en 54 sorties sous le maillot monégasque. En somme, pas de quoi justifier leur statut de stars du ballon rond. Gageons qu'Eidur Gudjohnsen, qui fêtera lui ses 31 ans dans une dizaine de jours, n'en est pas encore au crépuscule de sa carrière. Souhaitons pour Monaco que le successeur de Morientes est enfin en Principauté.
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article