BLEUS / THIERRY HENRY : « Pas de cas Henry »
Thierry Henry, comment vivez-vous ces qualifications une nouvelle fois complexes pour l'équipe de France ?
C'est vrai que depuis que le coach est en charge de l'équipe, nous avons souvent connu des moments difficiles, notamment en qualifications. Mais même par le passé, quand le coach n'était pas encore là, nous avions également connu des moments difficiles pendant les qualifications. Ça n'a jamais été facile pour nous de se qualifier. Nous nous sommes qualifiés « assez facilement » pour l'Euro 2004 et nous étions automatiquement qualifiés pour la Coupe du monde 2002. Mais, sinon, nous sommes toujours passés au dernier moment. J'espère que ça va encore être le cas.
Comment expliquez-vous ces problèmes rencontrés généralement par les Bleus en éliminatoires ?
C'est laborieux pour tout le monde en général. Quand vous regardez l'histoire, généralement les qualifications sont vraiment dures pour tout le monde. Il n'y a plus de petites équipes, donc il y a toujours des surprises. Si je pouvais l'expliquer, nous serions peut-être déjà qualifiés. Mais ce n'est pas si évident que l'on pourrait le penser.
Allez-vous tenter d'improviser un discours pour mobiliser vos troupes ?
Il n'y aura pas d'improvisation. Le discours est bien souvent le même. Et il est encore plus facile là, car nous n'avons plus de questions à nous poser. Ce que je vais dire ? Je le garde pour mon équipe.
« Si nous faisons ce qu'il y a à faire, le stade s'enflammera »
Votre statut fait-il de vous un joueur qui monte davantage au créneau que les autres ?
Souvent, les gars posent des questions, mais je m'implique aussi, ça va de soi. Bien souvent, ça se fait dans un enchaînement normal, mais les gars sont souvent à l'écoute. Et, même si vous ne le pensez pas, nous discutons beaucoup.
Craignez-vous une fois de plus de jouer dans un Stade de France très exigeant ?
La plupart des joueurs sont blindés par rapport à ça. Pas mal de joueurs de la sélection jouent dans de grands clubs, donc ils connaissent ça aussi. Mais ça passe déjà par nous. Si nous mettons de l'allant et que nous jouons bien, nous savons très bien que le stade sera avec nous. Nous avons un peu de mal à trouver la faille, mais c'est plus l'envie des gens de nous voir réussir qui fait que de temps en temps il y a cette frustration qui naît. Mais si, demain (samedi), nous faisons ce qu'il y a à faire, que nous arrivons à ouvrir le score assez tôt et que nous produisons du jeu, le stade s'enflammera. Si ce n'est pas le cas, ce sera beaucoup plus difficile.
Comprenez-vous l'attitude de vos supporters à domicile ?
Nous n'avons pas souvent enflammé le stade ces derniers temps, c'est pour ça que c'est peut-être devenu un peu systématique. Maintenant, est-ce que c'est normal ou pas ? Oui et non. J'ai joué dans pas mal de clubs, et si à Arsenal ce n'était pas normal, à Barcelone ça l'est, en sélection aussi, c'est comme ça. Mais nous ne sommes pas là pour nous focaliser sur ça. Si nous faisons ce qu'il y a à faire, les supporters seront avec nous, je ne me fais pas de doute là-dessus.
« Toujours pas de match plein »
Que savez-vous de cette équipe de Roumanie actuelle ?
On sait que Marica est un joueur très dangereux, donc à nous de faire attention. En plus, la Roumanie est une équipe qui a changé sa façon de jouer. Elle est beaucoup plus agressive et joue beaucoup plus haut. C'est une équipe très redoutable, nous avons pu le voir là-bas à l'aller, et nous avions pu le voir à l'Euro.
Que retenez-vous du match aller, qui s'était soldé sur un match nul (2-2) ?
En première mi-temps, nous nous étions faits bouger, nous avions pratiquement perdu tous les duels et nous avions eu du mal à développer notre jeu. Mais surtout en raison de la première mi-temps réalisée par l'équipe roumaine. Mais en deuxième mi-temps, nous avons posé le ballon, nous avons continué à jouer. Nous avions vraiment fait une grosse deuxième mi-temps. Nous aurions même pu remporter ce match. Malheureusement, nous n'avons toujours pas fait de match plein. Il serait temps de le faire. Pour le moment, notre match référence dans ces qualifications reste pour moi notre victoire contre la Serbie. Il faut que nous retrouvions nos automatismes de cette deuxième mi-temps contre la Roumanie et à la maison face à la Serbie.
Je vous l'ai dit un million de fois. En équipe de France, à Arsenal comme à Barcelone, j'ai joué vingt mille fois en n'étant pas bien. Parfois, c'est passé, parfois non, mais il n'y a pas de problèmes. Non, je ne ressens pas de grosses douleurs. Et on ne va pas faire un cas Henry ou quoi que ce soit. J'ai déjà joué des matchs, notamment en Irlande, où j'étais largement moins bien qu'aujourd'hui. Et j'ai marqué, et tout le monde était content. Alors que, moi, je n'étais pas vraiment satisfait de mon match. Mais il faut savoir aller au combat de temps en temps.